On dit : loin des yeux, loin du coeur. Mais cette phrase est légèrement fausse, car la distance n'entre pas toujours en ligne de compte.
Petit, j'ai énormément souffert la perte de contact de mes camarades du primaire au collège, du collège au lycée, et ainsi de suite. Bien que nous résidions dans la même ville, il ne nous était
pas possible de se retrouver. Pourquoi ? Il va de soi qu'au fil des ans, les intérêts, les modes de pensées, les influences divergent, et ce que l'on pensait à 7 ans n'est plus tout à fait
valable à 17 ou à 27. Bien que les anciens du lycée organisent annuellement un repas de retrouvaille, je ne m'y sens pas à ma place, pas plus qu'à l'époque du lycée. Mais ce n'est pas tout.
Un jour, une amie (que j'ai perdu de vue, en toute logique) m'a dit :
"toi, tu peux être le meilleur ami que l'on peut avoir, on t'oubliera dès le dos tourné". Mon premier souhait était
de la gifler, mais premièrement ma maman m'a bien éduqué, et deuxièmement j'ai mis cela sous l'emprise de l'alcool. En réfléchissant longuement, je me rends compte de plus en plus que cette fille
avait raison. Le plus dur a été de comprendre cette raison.
La première démarche a été de chercher comment les gens me percevaient, et il en a résulté les points suivants :
- je sais rendre service
- je suis toujours à l'écoute
- j'ai un caractère social très faible
- je dis toujours : je suis là si t'as besoin, sans pour autant agir
- je protège certaines personnes d'autres personnes (découverte récente)
Bref, que des points à l'aspect superficiel. Et cette superficialité (mot qui compte triple au Scrabble et s'accapare 7 syllabes dans un poème) fait que, malgré tout, les relations s'évanouissent
très vite dès que le contact s'éparpille.
De ce fait, 2 questions me viennent à l'esprit :
- Qu'est-ce que je cherche, au fond ?
- Souhaitè-je y remédier ?
On peut avoir un caractère social très fort, on peut également vivre sous le couvert de divers masques nous empêchant d'être nous-mêmes. Dans un sens, cette solitude par procuration pourrait être
mon
karma, ma ligne de vie comme le penseraient certaines chiromanciennes. Mon
ennéagramme n'en parle pas
beaucoup, bien qu'il se rapproche de ma personne à 99%. Il évoque le souhait d'être reconnu pour ma différence, ce qui n'est pas entièrement vrai. J'ai beaucoup travaillé mon humilité, et bien
que j'ai quelques facilités à un niveau modéré (jouer du piano, écrire des poèmes, composer de la musique ou faire des BDs...), je ne me considère pas
artiste pour autant. Je n'aime pas
trop que les autres me félicitent pour des choses bénignes à mon regard, même si cela peut sembler idiot.
J'étendrais ce sujet avec un autre : être né cadet dans une famille pied-noir.
D'une manière générale, les familles méditerranéennes vouent un culte à l'aîné, celui qui doit réussir et s'occuper des petits frères et soeurs pour soulager les parents. Par extension, les
autres sont moins mis en exergue, et cela peut donner des réactions multiples :
- On ne s'occupe pas de moi, je suis tranquille (ça serait moi)
- On ne s'occupe pas de moi, mais j'aimerais bien
- On ne s'occupe pas de moi, qu'est-ce que je fous ici ?
Qu'est-ce que la vie de cadet dans ce cas ? Il n'y a pas de réponse absolue, sur tout quand il n'y a pas de benjamin, donc personne d'autre dont on ne s'occupe pas dans le foyer. Ni moi ni mes
cousines cadettes n'ont eu cette opportunité, les raisons nous échappant (soucis économiques, refus de reproduite le schéma parental...).
Au final, je pensais que les relations étaient comme des grains de blé s'échappant d'un sac ouvert par temps de vent : si les graines sont sorties, elles vont finir par rerentrer (et au final je
peux mourir un millier de fois avant que cela n'arrive).
Les choses vont et viennent, à croire que je suis condamné à
n'avoir aucune attache durable. A ce propos, mon idéal relationnel est à mi-chemin entre le flirt et la relation dite "sérieuse", ce qui ne facilite pas toujours les choses : soit c'est trop,
soit c'est pas assez. Et pourtant cela me semble si simple...
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